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pix by me

C’était dans ma boite ce matin. Un mail parmi 5 autres. Objet “Droits d’auteur”.

Le ton, à la première lecture, est presque bienveillant. Ou alors suis-je trop occupée, à la fin de cette première lecture, à déplier mon plexus suite au coup virtuel qu’il vient de s’encaisser pour aller au delà des premiers mots.

On me demande de changer le titre et le sous-titre de mon blog car ils enfreignent les droits d’auteur. Les droits de Miss.Tic, l’artiste que je citais, l’auteur de ce mail.

Sonnée.

Putain de bordel de merde. Moi qui fait attention à donner les noms des photographes ou des graphistes créateurs de toutes les images que je mets en ligne, lien à l’appui, toutes libres ou sous licence CC. Moi qui, lundi, faisait justement un cours sur ce sujet, les droits d’auteur, le plagiat, les droits moraux, patrimoniaux, tout le toutim. Moi qui avait été attentive à citer la poétesse, lien à l’appui, dans la colonne de gauche, de manière bien visible sur le blog. Moi, je me suis plantée, je n’ai pas respecté les droits à la lettre, je me suis faite avoir pas ces libertés que tout le monde prend.

Honteuse.

Je cris mon désarroi sur Twitter, il y a du monde, on réagit, on se répond, je relis le mail. Et à la deuxième lecture, puis la troisième, puis toutes les suivantes, le ton du mail n’est plus du tout bienveillant. Celle qui elle-même utilise un pseudonyme me demande d’abandonner mon identité. Non, sur la défensive, elle l’exige.

Nue.

Je me sens accusée, accusée de vouloir utiliser son image et sa notoriété là où je faisais une référence, pas un hommage, elle est vivante, mais quelque chose comme ça, à son art des rues, à ses mots qui claquent, à son sens de la formule. Là où je pensais peut-être faire découvrir tout cela à des personnes qui ne connaitraient pas, qui ne connaitraient que peu, jeter l’attention des quelques personnes qui me suivent, partager, tout simplement, comme quand je parle de livres, comme quand je laisse Alice et Lewis se balader ici et là…

Froissée.

Et ce mot sur lequel mes yeux reviennent sans cesse : “plagier”, “plagier”, “plagier”. Ce mot est tellement gros, tellement énorme que je ne me rends même pas tout de suite compte de ce qu’il est précisément. Le plagiat concerne quelqu’un qui détourne une œuvre sans citer, intentionnellement ou pas, l’auteur de cette œuvre. J’ai peut-être, non, sûrement, enfin, oui, j’ai enfreint les droits d’auteur, maladroitement, mais j’assume, je l’ai fait, mais plagié… bullshit, non !

Colère.

Je lis, encore, et j’entends entre les lignes, presque un défi, celui de trouver, d’inventer, de créer par moi-même. Est-ce qu’elle sait, celle qui vit de ses mots, celle qui se déploie sur les murs, celle qui a la reconnaissance institutionnelle, est-ce qu’elle sait comment la création peut être fragile chez les autres ? Comment ces mots à elle, plus que ceux de la plupart des anonymes, ont un poids pour d’autres ?

Désarroi.

J’ai effacé les références. Il n’y a plus de titre, plus de sous titre, plus de lien ou de référence dans la colonne de gauche. Plus que jamais je comprends qu’on fasse respecter ses droits d’auteur et il ne me viendrait pas à l’idée de tenter de négocier quoique ce soit sur ce point là.

Mais à chaud, je me sens sale (et pas à cause de ce que j’ai fait), je me sens nue alors que je commençais tout juste à apprivoiser cette identité 2.0 là, je me sens triste comme si j’avais perdu quelqu’un que j’aimais bien, je me sens un peu stupide, je ne me sens plus à ma place dans mes propres blogo-murs et j’ai un peu de mal à savoir qui je suis.

Notes de bas de page :

- Oui, guettez, ça sent le déménagement à plein nez cette histoire même si je n’ai encore rien décidé. ça ne sera pas le premier, ça ne sera pas le dernier. Fuite en avant, encore, toujours.

- La technologie s’y met aussi ? Worpress a fait sauter presque tous mes widgets sur la sidebar, j’essaie de rétablir ça.